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 Niemand (dite Myan) - Valkyrie Déchue

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Niemand

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MessageSujet: Re: Niemand (dite Myan) - Valkyrie Déchue   Jeu 16 Juin - 11:53

L'épisode ultime de la Myan-épopée !
(Ou "Comment dormir trop peut avoir des conséquences étranges")

Le temps filait, inexorablement.

Lorsqu'elle avait pour la première fois été dans ce mystérieux rêve-monde, Niemand ne s'attendait pas à ce que la réalité s'efface peu à peu, à ce que le sommeil l'enveloppe si longtemps, la retienne prisonnière, altère sa mémoire. Lorsqu'elle s'en était rendue compte, sa pensée la plus paniquée avait été pour Heidrunn, l'enfant qu'elle laissait au soin des gardes pendant son absence. Puis pour Groââh, son autre enfant.

Groââh... L'ourson qu'elle avait recueilli autrefois semblait avoir bien grandi. L'ours fier qu'il était devenu trouvait finalement son indépendance, sa liberté, pendant le sommeil de sa maîtresse. Groââh pouvait survivre sans elle. Les gardes rapportaient que le familier montait la garde une partie de la journée, au château comme devant la résidence, puis s'épanouissait seul le reste du temps. Groââh n'avait plus besoin d'elle et de son amour.

Pour Heidrunn, c'était différent. Niemand refusait de s'en séparer. Le rituel qu'elle avait effectué pour l'emporter avec elle dans l'autre monde n'avait pas été sans risques et sans conséquences. Il avait fonctionné, malgré le silence que l'Heirish Valkyrie avait gardé à ce propos là-bas comme ici. L'âme avait voyagé avec la sienne, leurs liens fusionnés pendant ce transfert. Désormais, le petit corps d'Heidrunn restait endormi, entouré d'un bouclier soumis aux désirs de la mère de l'enfant. Et dans cet autre monde, le bébé grandissait sous l'œil vigilant de son double, à l'abri des regards jusqu'à qu'il soit temps, que le danger paraisse moins important.

Peut-être ses sœurs avaient-elle ressentie ce vacillement, ce déchirement dans le lien avec Odin, cet éloignement, cette... coupure. Tendu, fin, tremblant, l'Heirish avait bien cru qu'il allait se briser. Heidrunn valait ce sacrifice douloureux. Pourtant, à sa propre surprise, le lien était encore là, tantôt aussi faible que sa mémoire, tantôt stable et fort. Le bracelet de Theris, autour de son poignet, lui permettait encore de se souvenir des visages de ses sœurs, mais malgré ses efforts, Niemand perdait peu à peu ses repères. Le sommeil la gardait de plus en plus longtemps et il lui semblait désormais que le monde-rêve était celui-ci, avec son clan de guerrières et cette maison dont elle ne trouvait plus la sortie.

Plus cette pensée semblait censée, plus le lien tremblait.

///

Sa main était sur la poignée. A chacun de ses réveils, l'Heirish faisait mine de redécouvrir cette maison, la sienne (soit disant). Mais l'espace clos l'angoissait de plus en plus. Qu'y avait-il au delà de cette porte ? Elle ne s'en souvenait plus, avait-elle seulement déjà été voir l'extérieur ? Et s'il n'y avait rien ? Si le rêve n'avait donné de consistance qu'à sa résidence ? La main sur la poignée... un étrange ours à ses côtés (il n'était pas là tout le temps, Groââh, d'où venait-il ?), Niemand sentit un frisson l'envahir. Allait-elle être déçue ? Et si tout s'effondrait une fois la porte ouverte ? On lui avait raconté qu'elle était l'Heirish (la riche ?) d'un clan de guerrières d'un dieu appelé Odin, et chaque regard porté sur ceci lui insufflait l'impression qu'on lui mentait. On lui avait raconté qu'elle possédait nombre de sœurs, mais elle ne les voyait jamais, tout juste entendait-elle leurs voix dans sa tête (ce qui était, par moments, assez inquiétant... cela ressemblait à un signe de folie). Cette porte devait la mener à l'extérieur de la résidence de ce rêve. Et s'il s'agissait là encore d'un mensonge ?

Il n'y avait qu'un moyen de le savoir. L'ours à ses pieds émit un grognement d'encouragement. La main fine abaissa la poignée, poussa le panneau de bois. Et la lumière fut. Si vive, si intense que la Valkyrie en fut éblouie, désorientée. Puis le noir suivi, le corps agressé se tendit puis chuta au sol, d'abord transpercé par la peur, ensuite emporté par l'inconscience.
Comme répondant aux sentiments de sa mère, une enfant gagnant en âge dans l'autre monde tira sur le lien, tentant de porter secours à celle qui lui avait donné la vie. Et tira. Encore. « Maman ! » Et encore. Pour la ramener. De toutes ses petites forces. « Maman ! » Jusqu'à qu'une aide vienne, alertée par les cris d'une enfant. « Hei ! Maman ! » Et que l'âme de Niemand refasse le voyage, quitte ce rêve perturbant, cette ancienne réalité. Brusquement. Une dernière secousse dans le lien, un moment de battement, et Heidrunn ramena sa mère près d'elle.

Laissant là, dans ce rêve-ci, un ours affolé à côté d'un corps inerte. Laissant là un lien brisé, coupé, par la force du rappel.

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Dite Myan.

¤ Si vous doutiez encore que le caractère du maître puisse avoir une influence sur son familier, regardez Groââh ! ¤
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Niemand

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MessageSujet: Re: Niemand (dite Myan) - Valkyrie Déchue   Dim 17 Juil - 11:42

Le pont entre les mondes était ouvert, il s'agissait là d'une réalité, et pour ces âmes qui l'avaient déjà tant de fois emprunté, voyager devenait naturel, presque une seconde nature. La toute petite Heidrunn faisait partie de ces voyageurs avisés, désormais plus habituée que sa propre mère par ces « balades » entre les univers.

//

L'enfant contemplait avec fascination son double - « Hei' »- s'exercer au tir sur des cibles immobiles et sans défense. Il s'agissait là de la première étape de son apprentissage, lui avait expliqué l'autre : le temps de l'observation. Heidrunn n'était pas encore en âge de saisir ce que cela signifiait, il ne s'agissait pour elle que d'une animation, d'un spectacle offert par la plus vieille pour la divertir. Un peu comme quand celle-ci faisait exploser des caisses et des fioles de peintures. Un peu comme quand sa mère dansait avec un marteau, baignée par une pluie magique.

Le secret l'entourait toujours. Hei' avançait l'argument de sa sécurité, du fait que dans un monde hostile tel que celui-ci, il était préférable de garder les jeunes pousses à l'abri. Niemand ne semblait pas forcément d'accord, en témoignait leurs sorties nocturnes, leurs jeux au cœur de la nuit, puis leurs voyages entre les dimensions, légers et amusés.

L'ancienne Heirish n'avait plus toute sa mémoire. De sa vie, seules des brides subsistaient. Les visages rattachés à ce monde-ci, avant tout, puis des sensations anciennes, diffuses. Le courage – un combat devant un autel. La puissance – des acrobaties dans du cuir. La solitude – ce quelque chose sur son visage. Le bonheur – ces cheveux blonds qu'elle savait encore reconnaître. L'amour – un château, des silhouettes de femmes. Un goût de tisane – des cheveux de feu. La sensation de poils recouverts de boue sous ses doigts. La glace – une caverne, un totem, du sang.

Lorsqu'Heidrunn et elle voyageaient vers l'un de ces autres mondes, ces images lui faisaient tourner la tête, insistantes et pourtant insaisissables, puis disparaissaient, laissant place à l'insouciance de la mère et de la fille découvrant les contrées de Taboréa comme s'il s'agissait de la première fois.

//

Escapade en Taboréa

Heidrunn jouait entre les tables de la petite auberge sous le regard vigilant d'un adolescent aux cheveux blonds, longs et indisciplinés : le « Tavernion » se faisait-il appeler.

- C'est pas simple de trouver des petites maisonnettes en Taboréa vous savez. » Indiqua le garçon. « Mais j'en connais une qu'est à l'abandon d'puis la disparition d'sa propriétaire. »
- La disparition de sa propriétaire ? » Niemand haussa un sourcil. « Qu'est-ce qui lui est arrivé ? »
Le garçon fit glisser un bol de lait chaud devant la jeune femme et sourit. « On ne sait pas. Elle serait allée trop loin, au delà de toute frontière, jusqu'à s'oublier, vous voyez. C'est c'qu'on dit du moins. »

Avec délicatesse, le Tavernion servit à l'enfant – attirée par l'odeur- un autre bol de lait. « Après, faut aimer le froid, mais c't'assez retiré pour que vous puissiez y rester sans attirer trop d'attention. »
- Mais si la propriétaire revient ? » La femme trempa pensivement les lèvres dans le breuvage. « Elle serait dérangée, peut-être en colère, et nous ne sommes pas souvent... »
- Z'inquiétez pas. Vous n'aurez aucun problème, pis c'est mieux d'avoir un toit où qu'on va. » L'interrompit le Tavernion.
- Où est-elle, cette maisonnette ? »
- A Lyk. Fait un peu froid mais c'est retiré. » Le Tavernion marqua une pause, comme amusé par ses propres mots. « L'heirish Valkyrie à qui elle appartenait appréciait les ours comme vous, elle s'y plaisait beaucoup. Vous d'vriez l'aimer aussi Dame Myaneyka. Et la petiote avec ! »

Un haussement d'épaules lui répondit. Dans un excès de gloutonnerie, Heidrunn manqua s'étouffer avec une gorgée de lait.

- Vous êtes certain qu'elle ne reviendra pas, cette Val... Vach... » La mère buta. « Cette riche du Val Kyri. »
Un gloussement lui répondit. « Vous ne craignez rien à habiter les lieux, à l'occasion, quand vous passez dans nos... terres. J'vous jure. Si elle revient un jour... » Le garçon esquissa un sourire. « Dame Niemand sera ravie de vous savoir chez elle. »

Il y eut un silence. Suspendu à ses réactions, le Tavernion s'attendait presque à un sursaut, un souvenir.

- D'accord. » Il n'eut droit qu'à un soupir. « Je vous fais confiance alors. »
- Vous viendrez manger avec moi le midi et l'soir, à l'auberge. » Indiqua le garçon. « Jserais content de la compagnie, vous savez. »
- Pourquoi... » L'amnésique fronça les sourcils. « … êtes vous si... gentil ? »
- Vous me rappelez quelqu'un que j'aimais bien. » Un mystérieux sourire, un regard vers Heidrunn. « Pis, je suis un peu tout seul, ça me plairait d'avoir une petite sœur de temps en temps. »

L'argument fit mouche et le Tavernion s'en félicita. De toutes les initiatives qu'il avait prises en travaillant pour Akamyss Flitch, celle-ci serait celle qu'il regretterait le moins. Il avait retrouvé Niemand Blenks et sa fille, gagné leur confiance, et se sentait investi d'une mission plus importante que jamais : les garder sous son regard malicieux, et uniquement sous le sien.

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